Projets et conduite de l’action

 

 

par Antoine Mudry

 

 

Dans la perspective de l’autonomie partielle des établissements scolaires et de la mise en place de cycles d’apprentissage, le projet (d’action éducative, éducatif, d’établissement, pédagogique ou d’élève) prend une place centrale

En effet, si beaucoup de facettes de l'école ont changé, on constate néanmoins que la classe reste un lieu relativement clos, peu souvent disponible au développement d'actions pédagogiques concertées; qu'un centre scolaire est d'abord une juxtaposition d'enseignants et d'élèves qui agissent dans la succession des degrés ou des disciplines plus que dans le partage des visées; qu'un enseignant est d'abord un maître, farouchement individuel, en l'espace qui lui est réservé, face aux apprenants qui lui sont confiés et que les activités communes, impliquant la pluralité, soutenues par un projet mûrement réfléchi en groupe, sont davantage l'exception que la règle.

Le morcellement des responsabilités, la fragmentation d'écoles en unités-classes spécifiques, sans rien ôter à la qualité de l'engagement de chacun, font d'un centre scolaire un lieu sans visage identifiable, sans ligne repérable, sans âme propre.
 

Le projet en pédagogie

Une des innovations majeures des années à venir consiste, à travers le statut d'autonomie partielle et le désir de mises en commun de forces trop souvent éparses, à voir se développer une culture du projet et du partage éducatifs et que cette habitude nouvelle devienne un « composant énergétique » du développement institutionnel.

Un établissement ne se caractérise pas par l'addition d'un certain nombre de classes, avec leurs populations d'enseignants et d'apprenants, mais comme une unité où se détectent ensemble les problèmes, se proposent ensemble les solutions, se vivent ensemble les perspectives de l'innovation. Cette politique de la concertation, de 1a définition des besoins, de la réflexion commune sur les moyens et les buts, donne un visage à l'école. Chaque centre scolaire se différencie des autres par ce en quoi il affiche sa spécificité, détenue par l'ensemble des partenaires intéressés.

Le projet mobilisateur peut, par exemple, porter aussi bien sur le développement de la pédagogie par objectifs, sur des essais concrets de différenciation de 1'enseignement, sur la définition de finalités communes, sur la transformation des pratiques en évaluation, sur la progressivité des apprentissages, sur la recherche de valeurs éducatives prioritaires, sur l'intégration des enfants en difficultés, que sur la mise en place d'une activité culturelle propre à l'établissement ou à la région. Il est aussi bien pédagogique que structurel, pragmatique qu'ambitieux.

On peut distinguer cinq fonctions principales à la pédagogie du projet:

  1. une fonction de motivation : les élèves s'engagent dans des activités dont ils perçoivent le sens, et renouvellent leurs intérêts pour l'école;
  2. une fonction didactique : le traitement des connaissances et des compétences à acquérir est restitué dans l'action;
  3. une fonction économique: le produit, l'action à réaliser nécessiteront des moyens et des aides financières. Il faudra donc intégrer des contraintes qui imposent une rigueur dans la gestion du temps et des ressources;
  4. une fonction sociale: tout projet passe par une médiation avec des partenaires;
  5. une fonction politique: dans une perspective de participation active à la vie collective, c'est une formation à la vie civique.


En termes d'instruction et d'éducation, le projet


Le projet en pédagogie est donc l'incarnation d'une école qui se conçoit comme un tout et non comme la simple addition de ses parties.
En cela il appelle à un nouveau fonctionnement de l'école, à un développement organisationnel en rupture avec les schémas majoritairement connus aujourd'hui. L'autonomie accrue accordée aux régions devient créatrice d'une conception beaucoup plus active et dynamique des centres scolaires. L'école devient lieu de rayonnement, de meilleure insertion dans une histoire et des besoins régionaux.
 


Mise en place du projet partenarial

Les phases suivantes sont constitutives du projet partenarial:


Au terme de ces six phases se sont mises en place des pratiques de la concertation, de l'interdisciplinarité, de l'ouverture des classes qui seront des acquis pour des projets nouveaux à créer et inventer. C'est la naissance d'une dynamique partenariale hautement profitable à tous.
 

Sept idées forces sous-tendent l’élaboration d’un projet

Elaborer un projet c’est:

  1. permettre d’identifier les caractéristiques de l’organisation, son histoire, les valeurs communes de ses membres, les valeurs externes, régionales, socioculturelles
  2. mettre en cohérence les activités des membres pour agir dans la même direction
  3. rechercher collectivement l’amélioration de la qualité de l’enseignement, donc relancer une dynamique, des défis
  4. définir les voies d’action, les priorités, les moyens d’y parvenir
  5. se donner les moyens de faire connaître à ses partenaires le sens de l’action conduite, donner une image crédible
  6. préciser la spécificité de l’organisation, le cadre de son autonomie
  7. se donner les moyens de suivre les résultats de façon continue.


Quatre principes d’action accompagnent cette demarche


Les plus values attendues d’une démarche de projet


 

Sources:


 
 

©  Antoine Mudry  1996